Category Archives: Apprendre la bourse

Comment participer à une assemblée générale ?

Si tu viens de commencer à investir en bourse et que tu as acquis tes premières actions, tu ne le sais peut-être pas mais tu es désormais propriétaire d’une partie de l’entreprise.
Ces titres en ta possession, te donnent le droit d’assister aux assemblées générales des actionnaires et de voter des résolutions. Pour faire simple, tu as ton mot à dire sur la gestion de la société.
Mais concrètement, comment ce droit de vote s’applique-t-il ?

Qui peut participer à l’assemblée générale ?

Chaque personne, physique ou morale, qui détient au moins un titre d’une entreprise, peut faire valoir son droit à assister à l’assemblée générale. Pour cela, il faut que, le ou les actions, soient détenues au plus tard le deuxième jour ouvré précédent l’AG. La procédure dépend, par la suite, de la manière dont tu gères tes actions.

Actionnaire au porteur

Avoir le statut d’actionnaire au porteur signifie que la société dans laquelle tu as investi ne te connaît pas. C’est l’établissement où tu détient ton compte-titre ou ton PEA qui gère tes titres. C’est donc à lui que tu adresseras ta demande pour participer à l’AG. Pour cela, il t’enverra par courrier ou par mail plusieurs documents dont un formulaire à remplir, l’ordre du jour ainsi que l’exposé des résolutions.
Cette démarche te permettra d’obtenir un justificatif afin de pouvoir être autorisé à assister au vote, le jour J.

Actionnaire au porteur

Actionnaire au nominatif

Moins courant, ce procédé peut être intéressant si tu souhaites nouer une relation à long terme avec l’entreprise. Elle connaît ton identité et avant chaque assemblée générale, tu reçois automatiquement une convocation pour y assister. De plus, avoir des titres inscris au nominatif, te permet, si certaines conditions sont remplis et prévu par les statuts, de bénéficier de certains avantages tel qu’un droit de vote double par exemple.

Actionnaire au nominatif

Deux options s’offrent à toi :

le nominatif pur : La société ou la banque qu’elle a choisie, va détenir tes titres. Ce n’est pas forcément très pratique au niveau fiscal car il faut demander un IFU ( imprimé fiscal unique ) à chaque établissement où tu détient des titres, ce qui peut s’avérer un peu compliqué si tu adoptes ce procédé pour un grand nombre d’actions.

Le nominatif administré : Tu bénéficies des mêmes avantages que le nominatif pur. La différence réside dans le fait que tes actions continuent à être gérées par ton intermédiaire financier ( courtier ) via ton compte-titre ou ton PEA.

Dans chaque cas, souviens-toi que tu as également la possibilité d’effectuer ton vote à distance. Il suffit simplement de remplir le formulaire approprié qui te sera délivré par ton broker ou l’entreprise selon le mode de détention qui te correspond.

Trois types d’assemblées générales

Une société, pendant toute sa vie, doit prendre des décisions qui vont avoir des conséquences sur son objet mais également sur sa gestion. Afin de pouvoir autoriser ces modifications, les propriétaires de l’entreprise doivent s’accorder, selon des dispositions bien précises afin que celles-ci puissent être validées et mises en application. Pour cela, deux types d’assemblées existent.

L’assemblée générale ordinaire ( AGO )

C’est l’assemblée qu’on pourrait qualifier de « standard ». Selon l’article L221-7 du code du commerce, chaque société, cotée ou non, a l’obligation d’organiser une AGO dans les 6 mois de la clôture de l’exercice comptable. Cette réunion permet aux actionnaires de pouvoir valider ( ou non ) les comptes sociaux ( ceux de la société ) ainsi que les comptes consolidés ( qui englobent les participations ). Le résultat doit également faire l’objet d’une affectation qui peut se traduire par le versement d’un dividende ou d’un report à nouveau.

L’assemblée générale extraordinaire ( AGE )

C’est une forme un peu différente car cette fois-ci, il n’est plus question de valider les comptes mais de prendre des décisions qui auront un impact sur le capital de la boîte ou de ses statuts. On peut citer, par exemple, le cas d’une société qui soumettrait au vote de ses actionnaires, un projet de fusion ou une augmentation de capital. Une AGE peut donc être organisée plusieurs fois par an selon les événements ayant lieu au sein de l’entreprise.

L’assemblée générale mixte ( AGM )

La dernière forme d’assemblée est, en réalité, l’addition des deux premières présentées ci-dessus mais qui  se déroule le même jour. Les actionnaires sont invités à voter, de manière simultané, des résolutions portant sur des sujets courants ( bilan, dividende ) mais également sur des opérations exceptionnelles ( augmentation de capital, réduction de capital…).

Informations utiles

Les questions écrites

En tant qu’actionnaire, tu as peut-être des questions pour lesquelles tu n’as pas trouvé de réponses sur le site de la boîte ni même en faisant tes propres recherches. Bonne nouvelle, tu as le droit de poser tes questions au conseil d’administration ou au directoire en envoyant celles-ci par courrier en recommandé ou par mail au siège de la société.

Concernant le délai, il faut que le pli ou le courriel soient envoyés au plus tard le 4ème jour ouvré avant la tenue de l’assemblée et doit être accompagné d’une attestation de ton broker qui prouve que tu es bien actionnaire de la société.

Pour information, la loi oblige l’entreprise a te répondre par écrit avant la réunion, ou à défaut, pendant le déroulement de l’AG.

Proposer un projet de résolution

Si tu veux aller encore plus loin et demander à ce qu’un projet de résolution soit voté, lors de l’assemblée, tu dois disposer d’au moins 5 % du capital de l’entreprise ( pour celles dont le capital social est inférieur à 750 000€ ).

Au delà de 750 000€ de capital social, le calcul est définit par l’article R225-71 du code de commerce et se présente de la manière suivante :

Pourcentage de détention pour proposer une résolution en assemblée générale

Exemple : Pour une société qui possède un capital social de 10 millions d’euros :

  • 750 000 x 4% = 30 000
  • ( 7 500 000 – 750 000 ) x 2.5% = 168 750
  • ( 10 000 000 – 7 500 000 ) x 1% = 25 000
  • Total = 223 750

( 223 750 / 10 000 000 ) x 100 = 2.24%

Il faut donc 2.24% des actions de l’entreprise pour pouvoir proposer une résolution en AG.

 

Là encore, il faut que cette proposition soit envoyée par courrier recommandé au siège de la boîte au plus tard, 25 jours avant l’assemblée générale.

Réussir à disposer d’un tel nombre de titres pour une seule personne est souvent très difficile. Sache que cette démarche peut être le fruit d’un regroupement. Il existe, par exemple de nombreuses associations qui permettent de fédérer des actionnaires et ainsi peser dans les décisions des sociétés.

C’est le cas, par exemple, de l’association de défense des actionnaires individuels « RegroupementPPlocal » qui a été crée en avril 2016 et qui rassemble plus de 1 850 petits porteurs et a, déjà, agi sur trois dossiers emblématiques (Solocal, Safran, CGG) de la Place de Paris.

Conclusion

Participer à une assemblée générale ne nécessite donc pas des connaissances pointues en matière de finances. Il te suffit de détenir au moins un titre de la société et de connaître le mode de détention de ta participation afin de savoir à qui t’adresser pour obtenir le fameux sésame qui t’ouvriras les portes de l’assemblée. A présent, tu as toutes les cartes en mains. Il ne te reste plus qu’à voter !

 

* En partenariat avec avec Alexandre Loussert , président de l’association regrouppementpplocal.

 

Faut-il investir sur un tracker à long terme ?

Faut-il investir sur un tracker à long terme ?

Il y a quelques jours, un abonné de ma chaîne Youtube m’a demandé s’il était intéressant d’investir sur un tracker à long terme. Il faisait référence à une de mes vidéos où j’expliquais qu’investir sur un tracker à effet levier sur une longue période n’était pas vraiment une bonne idée. Le soucis, c’est que je n’expliquais pas la raison.

Pour ceux qui n’auraient pas vu ma vidéo sur les trackers, ce que vous devez savoir c’est qu’il s’agit d’un produit dérivé en bourse qui donne la possibilité aux investisseurs de spéculer à la hausse comme à la baisse sur des actifs qu’il n’est pas possible de trader en temps normal sur un compte-titre ou un PEA ( matières premières, devises, indices…). Les principaux émetteurs de trackers sont Citigroup, Commerzbank ou encore la Société Générale. On les appelle des produits dérivés car leur prix évolue en fonction de l’évolution du cours d’un autre produit.

Pour bien comprendre où je veux en venir, on va donc faire simple et prendre un exemple bien concret fin d’assimiler plus facilement cette notion.

Une absence de corrélation sur le long terme

Dans l’exemple suivant, je vous présente alex ! C’est un jeune trader qui souhaite se lancer sur les marchés avec un capital de 1 000€. Il a réfléchi à une stratégie d’investissement afin de faire fructifier son capital. Toutefois, son compte-titre ne lui permet pas d’investir directement sur l’indice. Après de nombreuses recherches, il pense que la meilleure solution c’est d’ouvrir une position sur un tracker qui va répliquer l’évolution du CAC40.

Evolution du CAC40 sur 5 séances de bourse

Mais Alex a beau être débutant en bourse, il a compris qu’avant d’investir sur un produit il est important de le comprendre et d’analyser les conséquences. Pour cela il envisage différents scénarios d’investissement sur une période de 5 jours ( séance de bourse ) en prenant pour comparaison l’indice CAC40 qui vaut 100 le jour J et qui va connaître de multiple variations pour au final revenir à 100 au bout du 5ème jour. Voici les résultats de sa simulation :

 

Cas n°1 : Tracker CAC40 avec levier de 1 ( à la baisse )

Evolution du tracker CAC40 sans effet levier et inversé

Alex constate que lorsque le tracker reproduit les variation du sous-jacent ( ici le CAC40 ) de manière opposé, la valeur du tracker n’est pas la même que ce dernier au bout des 5 séances. Une perte de valeur apparaît même si elle est relativement faible.
Il en déduit qu’investir sur un tracker sans effet levier en spéculant sur les variations opposées du sous-jacent l’expose à une perte même dans le cas où celui-ci revient à son prix d’origine.

La perte représente moins de 1% donc le pari peut valoir le coup sur une période comme celle-ci ( 5 jours ). En effet si le CAC40 avait baissé de quelques pourcent, le trade serait positif. Cependant, sur le long terme l’écart s’accroît et il devient plus difficile de sortir gagnant même si le CAC40 reste négatif.

 

Cas n°2 : Tracker CAC40 avec levier de 3 ( à la baisse )

Evolution du tracker CAC40 avec un levier 3 et inversé

Dans le cas présent, l’effet levier qui multiplie les variations par un facteur de 3 dans le sens opposé à celui du sous-jacent montre que les pertes sont plus importantes que dans le 1er exemple, alors que le CAC40 est revenu au point de départ ( valeur de 100 points ).

La valeur du tracker termine à 95.5 points soit une moins-value de 4.5% sur le trade…
Alex en conclut que l’effet levier ( toujours en spéculant sur la variation inverse de son sous-jacent ) accroît toujours plus les pertes dans le temps

Cas n°3 : Tracker CAC40 avec levier de 3 ( à la hausse )

Evolution du tracker CAC40 avec un levier 3

Cette fois-ci Alex utilise un levier égal à 3 et qui agit dans le même sens que son sous-jacent. Il pourrait se dire que le problème qu’il a soulevé auparavant quant à la perte de valeur du tracker dans le temps est résolu. Pourtant celui-ci note que le résultat final est inférieur à 100 points à l’issue des 5 séances de bourse. Certes, la moins-value est moins importante que si il avait pris une position inverse mais elle représente tout de même 2% de la somme investi.

A ce stade, Alex en déduit que spéculer dans le sens opposé du sous-jacent, qu’il ait un effet levier ou non, fait perdre de la valeur au tracker dans le temps à situation identique. Mais il peut ajouter, à présent, qu’utiliser un levier en spéculant dans la même direction que le sous-jacent produit à peu près les mêmes effets mais à un degré différent.

 

Cas n°4 : Tracker CAC40 avec levier de 5 ( à la baisse )

Levier 5 sur un tracker CAC40 avec perte de valeur dans le temps

L’utilisation d’un levier plus important ( 5 ) donne un résultat identique à celui constaté avec un levier plus faible. En effet, la valeur du tracker s’est dépréciée à l’issue des 5 séances de bourse alors que le CAC40 a fait du sur place.
Alex en déduit que plus l’effet levier est important plus le tracker perd de la valeur dans le temps.

Toutefois, il est conscient que la période étudiée est courte. Lorsqu’il fait une simulations sur plusieurs mois, il constate qu’il est de plus en plus difficile pour le tracker d’afficher une performance positive car sa valeur diminue aussi avec le temps.

L’effet bêta-slippage

Cette perte de valeur qu’Alex a constaté dans ses différentes simulations s’appelle l’effet bêta-slippage. C’est une donnée importante qui ne doit pas être prise à la légère car le choix d’effectuer un trade sur un tracker doit prendre en compte cette donnée.

A court terme, la volatilité peut agir également comme un accélérateur.

Variations plus importantes sur le CAC40 et impact plus important sur le tracker

Variations importantes sur le CAC40 et impact significatif sur le tracker

Cette illustration reprend les exemples précédents, en montrant qu’au bout de 5 jours de bourse, la valeur du tracker a diminué fortement alors que le sous-jacent est revenu à sa valeur initiale. Le CAC40, dans cet exemple a subit de fortes variations ( +3%, -6%…etc ).

Petites variations sur le CAC40 et faible impact sur le tracker

Petites variations sur le CAC40 et faible impact sur le tracker

Dans ce deuxième exemple, j’ai voulu te montrer qu’avec le même scénario ( un CAC40 qui part de 100 et qui revient à 100 au bout de 5 jours ), la valeur du tracker a très peu diminuée. Pourquoi ? Eh bien parce que les variations qu’a enregistré l’indice CAC40 pendant cette période ont été beaucoup moins importantes ( +1%, -2.49%….etc ).

En effet, on constate que plus la volatilité est importante sur le sous-jacent, plus le tracker perd de la valeur dans le temps. J’insiste bien sur la durée qui joue un rôle capital dans cette diminution de valeur.

Seul un tracker qui reproduit les variations d’un sous-jacent sans effet levier et dans le même sens permet d’obtenir des performances identiques.

Conclusion

Si il ne fallait retenir qu’une chose de toutes ces explications, c’est qu’investir sur un tracker à effet levier ( ou sans effet levier mais en sens inverse ) à long terme, c’est à dire de l’ordre de plusieurs semaines, mois voir plusieurs années, n’est pas la stratégie la plus adaptée. Vous pourriez vous retrouver avec une moins-value même dans le cas où vous auriez réussi à anticiper l’évolution du sous-jacent correctement.

 

ESMA : des règles plus contraignantes pour les CFD ?

Nous sommes nombreux à utiliser les CFD de nos jours car la possibilité d’utiliser un levier nous permet de générer des plus-values sans immobiliser une grande somme d’argent. Le fait de pouvoir initier des positions sur des marchés auxquels nous n’avons pas accès via un compte-titre ou un PEA tels que les indices, les devises ou encore les matières premières fait partie également des critères qui nous amènent à basculer vers les produits dérivés.
Si tu as l’habitude d’investir sur ce type de produit et que tu n’a pas utilisé internet depuis plusieurs mois, je t’informe qu’il y a eu du changement depuis le 1er août 2018 !

La protection des investisseurs particuliers

Avant toute chose il faut savoir que l’ESMA ( European Securities and Markets Authority ) a été crée en 2011 suite à la crise financière des subprimes. Son siège est à Paris et son rôle est d’émettre des avis et des recommandations concernant la création de normes et de pratiques communes au sein de l’union européenne à travers le renforcement de la protection des investisseurs, la supervision des agences de notations ainsi que le maintien de la stabilité financière des états membres.

La composition de l'autorité européenne de surveillance

Un cadre réglementaire plus contraignant pour les intermédiaires

Attendu depuis de nombreux mois, les mesures prises par l’ESMA concernant le contrôle plus poussé de la commercialisation des CFD ne se sont pas fait attendre. Depuis le 1er juin 2018, ces dernières ont été publiées au journal officiel européen avec une application au 1er août 2018 et ce, pour une durée de trois mois ( renouvelable ).

Contrairement aux options binaires qui font l’objet depuis le 2 juillet 2018 d’une interdiction totale de publicité et de commercialisation auprès des investisseurs particuliers, les CFD font l’objet de restrictions moins contraignantes.

La protection des investisseurs en première ligne

Outre l’obligation pour les intermédiaires de mettre uniquement à la disposition des particuliers des compte CFD à risque limité empêchant d’avoir un solde négatif, opération qui avait déjà été appliquées par de nombreux broker depuis quelques temps, l’ESMA a mis le holà sur les publicités vantant l’effet levier et les gains importants possibles sur ce type de support. Désormais, les intermédiaires doivent exposer de manière claires et encadrées, les risques que peuvent engendrer les CFD en terme de pertes.

L’effet levier : deuxième cible de l’institution

Parlons désormais du sujet qui attire le plus notre attention, à savoir, les nouvelles règles concernant l’effet levier sur les CFD.

Lors de l’appel à contribution lancé le 18 janvier 2018 par l’ESMA, beaucoup d’investisseurs avaient fait part de leur mécontentement de voir le levier baisser à l’avenir. Les craintes sur son plafond étaient bien présentes pour un grand nombre de particuliers n’ayant pas les fonds suffisants pour se tourner vers les Futures par exemple.
Toutefois, l’institution semble avoir pris note de ces remarques et les possibilités d’investissement, avec un compte approvisionné de manière raisonnable, restent, encore aujourd’hui, largement possible.

Un levier diminué sur l’ensemble des actifs

Pour information, voici les nouveaux leviers appliqués selon les actifs pour lesquelles ils sont liés :

  • Levier 30 pour les devises Majeurs
  • Levier 20 pour les devises qui ne sont pas majeurs, les indices d’actions majeurs et l’Or
  • Levier 10 pour les indices qui ne sont pas majeurs et pour les matières premières ( sauf Or )
  • Levier 5 pour les CFD actions

Rappel sur le levier sur CFD à risque limité

Afin que les choses soient bien claires, on va prendre deux exemples :

Un particulier qui veux acheter des CFD de l’action Ubisoft pour un montant de 10 000€ doit immobiliser 2 000€. C’est la marge initiale requise désormais par le broker pour maintenir une position. Cela signifie que si le solde du compte diminue suite à des pertes latentes ou parce qu’il a retiré de l’argent, le broker a la possibilité de clôturer celle-ci.

Un particulier compte, cette fois-ci, faire l’acquisition d’un contrat CFD CAC40 qui est actuellement cotée à 5 000 points. Le contrat est de 1€ le point. L’investisseur doit immobiliser 250€ pour ouvrir et maintenir sa position.

Les conséquence sur la marge requise

Jusqu’à présent, lorsque l’investisseur ne disposait plus de la marge requise pour garder une position ouverte sur un CFD, le broker contactait le client ( l’investisseur particulier ) par mail ou par téléphone de manière générale pour lui notifier le fait que la position serait soldée si ce dernier ne reconstitue pas la marge dans un délai raisonnable. Selon les brokers, la clôture d’une position dans cette configuration pouvait être plus ou moins longue ce qui pouvait amener le client a enregistrer des pertes pouvant dépasser le solde de son compte si la chute était très rapide.

A présent, l’ESMA impose que l’intermédiaire clôture la position si le montant de la marge requise passe dessous de 50 %.

Nouvelle règle pour la marge inférieure à 50% sur CFD à risque limitée

Pour faire simple, imaginons que Luc dispose de 300€ sur son compte de trading. Il achète un CFD CAC40 cotée à 5 000 points avec un contrat à 1€ le point afin de spéculer sur la hausse de l’indice. Le broker lui demande d’immobiliser 250€ ( 5 % de la valeur du contrat ).

Etape n°1 :

Quelques heures plus tard Luc se rend compte que le CAC40 est en train de chuter et que sa perte latente est de 100€. La valeur de son compte est désormais de 200€. Son broker lui demande de reconstituer sa marge afin de ne pas clôturer sa position.

Etape n°2 :

Luc a reconstitué sa marge en ajoutant 100€ sur son compte de trading. Il a donc désormais 300€ sur le compte. Toutefois, une nouvelle chute du CAC40 l’amène à avoir une perte latente de 200€. La marge immobilisé n’est plus que de 100€ alors que le broker demande 250€ pour maintenir sa position. Le broker, avec les nouvelles règles de l’ESMA, a l’obligation de clôturer immédiatement le trade de Luc car sa marge est inférieur à 50 % du montant requis.

Conclusion

Les mesures instituées par l’ESMA sur les CFD oblige donc les brokers à proposer des comptes empêchant à leurs clients d’avoir un solde négatif. Elles limitent également l’effet levier sur l’ensemble des supports ce qui n’était pas le cas auparavant. Enfin, la clôture d’un trade dont la marge est inférieur à 50% du montant requis est désormais la règle.

 

Le prix d’une action a-t-il un impact sur l’entreprise ?

Faut-il investir sur un tracker à long terme ?

On sait que la raison principale qui pousse les entreprises à s’introduire en bourse est de lever des fonds afin de financer de nouveaux projets, soit par l’acquisition de nouveaux marchés au niveau national ( voir à l’internationale ), faire face à l’explosion de leur carnet de commandes ou tout simplement pour survivre. Pour cela, elles organisent la vente d’une partie des actions déjà existantes, détenues par les actionnaires, ou par l’émission de nouvelles actions pour faire entrer de nouveaux investisseurs ( particuliers et/ou institutionnels ) au capital.

” Mais une fois que la société est cotée en bourse, est-ce que les fluctuations du prix de l’action ont des conséquences sur l’entreprise ? “

Le lien entre le prix de l’action et la valeur de la société

Si vous avez lu mon article sur le P.E.R ( price earning ratio ), vous savez que plus le cours d’une action est élevé, plus sa capitalisation boursière est grande car la valeur d’une entreprise est le résultat de la multiplication entre le nombre de titres en circulation et le prix de ces derniers sur le marché.

Petit exemple pour rafraîchir la mémoire : Une société qui possède 100 000 titres en circulation.

Cas n°1 : Prix de l’action = 15€  → Capitalisation = 1,5M€
Cas n°2 : Prix de l’action = 20€  → Capitalisation = 2M€

On sait aussi que le point d’équilibre entre l’offre et la demande, soit le prix du titre à un instant T, ne représente pas forcément sa valeur réelle. En effet, le marché n’étant pas parfait, il peut y avoir régulièrement des anomalies. les investisseurs peuvent faire monter le cours d’une action en spéculant sur les prochains résultats ou sur le lancement d’un nouveau projet. De la même manière, le cours peut fortement baisser si le marché anticipe des problèmes à venir comme une concurrence de plus en plus féroce ou un endettement qui n’est pas viable à terme.
Parfois, le marché voit juste mais parfois ce n’est pas le cas.

«  tes explications sont sympathiques mais cela ne nous dit toujours pas en quoi cela affecte une entreprise que son cours soit haut ou bas… »

Plus la valeur de l’action augmente…

Si vous avez déjà mis un pieds dans le monde de la bourse et que vous avez commencé à lire les communiqués de chefs d’entreprises cotées lors de la présentations des résultats ou pour annoncer la signature d’un contrat, vous avez sans doute remarqué que ces derniers sont très attachés à la valeur de l’action. Je vous rassure, la raison n’est pas liée aux stocks options ( tous n’en ont pas ) mais principalement à d’autres raisons que nous allons voir.

… plus l’entreprise économise en cas d’acquisition

Ce qu’il faut savoir, c’est qu’en bourse, comme en dehors, les sociétés peuvent acquérir d’autres entreprises et dans de nombreux cas, elles offrent une partie de leurs propres actions pour financer cette acquisition. Ce type d’opération s’appelle OPE ( Offre publique d’échange ) ou OPM ( Offre publique Mixte ). Comment cela fonctionne ?

A travers l’exemple qui va suivre, nous allons pouvoir constater, à travers une simple comparaison, que le fait, pour une société d’avoir son action qui côte à un prix plus élevé, pour un nombre de titres équivalent, baisse mécaniquement le montant à débourser pour racheter une autre boîte.

Bien entendu, je rappel que certaines situations peuvent amener une entreprise à vouloir faire baisser le prix de leur action afin de la rendre plus attractive auprès des investisseurs ( plus facile d’acheter une action à 1€ plutôt qu’à 1 000€ ). Cette diminution du prix étant le fruit d’une division ( plus de titres donc une action qui côte moins sans qu’il y ait eu de changement pour l’actionnaire ). Ce cas de figure est donc différent et je l’explique dans mon article sur les Penny Stocks.

 

Cas n°1 :

La société A est cotée 10 euros et elle a 10 000 titres en circulation. Sa capitalisation boursière est donc de 100 000€. La société, au fil des années, a racheté 1 000 actions parmi ses propres titres et les a gardé en réserve.

Exemple d'acquisition avec une action à 10€

Elle surveille depuis quelques temps la société B qui est valorisée actuellement 15 000€ sur le marché et souhaite l’acquérir.
Elle va proposer aux actionnaires de la société B de racheter leur participation à un prix valorisant la société à 20 000€ en les rétribuant de la manière suivante:

des actions de la société A pour un montant valorisé à 10 000 € ( 1 000 actions x 10€ )
du cash pour un montant de 10 000€

Si bien que les actionnaires de la société B qui acceptent de participer au rachat vont se retrouver avec une partie versée en argent liquide et l’autre partie via des actions de la société qui les absorbe (A ).

 

Cas n°2 :

Que se serait-il passé, si la société avait été cotée 5 euros avec toujours 10 000 titres en circulation. Sa capitalisation boursière serait donc de 50 000€. Elle a toujours 1 000 actions de sa propre entreprise en réserve comme dans l’exemple précédent et souhaite toujours racheter la société B pour 20 000€.

Exemple d'acquisition avec une action à 5€

Pour cela elle va financer le rachat de cette manière :

des actions de la société A pour un montant valorisé à 5 000 € ( 1 000 actions x 5€ )
du cash pour un montant de 15 000€

L’intérêt dans cet exemple, c’est de montrer que plus la valeur d’une société est élevée en bourse, moins elle a besoin de sortir d’argent pour en acquérir une autre.

… moins les actionnaires sont dilués en cas d’augmentation de capital

Ce raisonnement s’applique aussi aux groupes qui souhaitent effectuer une levée des fonds après leur introduction en bourse. La raison peut être de rembourser une partie de la dette ou envisager d’ouvrir de nouvelles antennes à l’étranger afin d’acquérir de nouveaux marchés.

 

Exemple n°1 :

La société A est cotée 10 euros et elle a 10 000 titres en circulation. Sa capitalisation boursière est donc de 100 000€. Elle a besoin de lever des fonds pour rembourser un emprunt qui arrive bientôt à échéance.

Exemple d'une augmentation de capital à 10€

Pour cela, elle va proposer à ses actionnaires les modalités suivantes dans le cadre d’une augmentation de capital :

Pour deux actions détenues, chaque actionnaire peut faire l’acquisition d’une nouvelle action au prix de 5€.

Imaginons que 80% des actionnaires aient souscrit à l’augmentation de capital. Il y aura donc 4 000 nouveaux titres en circulation ce qui portera le nombre total à 14 000. La société a réussi à lever 20 000€.

Nouveau nombre de titre et dilution dans l'exemple 1

Un individu qui possédait 100 actions était, auparavant, propriétaire d’1 % de l’entreprise. S’il n’a pas pu participer à l’opération car il n’avait pas d’argent à ce moment précis pour acheter de nouvelles actions à 5€ l’unité, il se retrouve désormais toujours avec ses 100 actions mais sur un total de 14 000. Il est à présent propriétaire de seulement 0,71 % de l’entreprise. Il a été dilué.

 

Exemple n°2 :

La société A est cotée 5 euros et elle a 10 000 titres en circulation. Sa capitalisation boursière est donc de 50 000€. Elle est dans la même situation que dans l’exemple précédent sauf que cette fois-ci pour lever autant de fonds elle va devoir proposer la création de plus de titres.

Exemple d'une augmentation de capital à 5€

Pour 1 action détenue, chaque actionnaire peut faire l’acquisition d’une nouvelle action à un prix de 2,50€.

Imaginons que 80% des actionnaires aient souscrits à l’augmentation de capital. Il y aura donc 8 000 nouveaux titres en circulation ce qui portera le nombre total à 18 000. La société a réussi à lever 20 000€ comme dans le cas précédent mais les conséquences ne sont pas identiques.

Nouveau nombre de titre et dilution dans l'exemple 2

Un individu qui possédait 100 actions était, jusqu’à présent, propriétaire d’1 % de l’entreprise. Imaginons qu’il n’a pas pu participer à l’opération car il n’avait pas d’argent à ce moment précis pour acheter de nouvelles actions à 2,50€ l’unité. Il se retrouve désormais toujours avec ses 100 actions mais sur un total de 18 000. Il est désormais propriétaire de seulement 0,56 % de l’entreprise. La dilution est plus importante.

Pour pouvoir lever des fonds pour le même montant, la société a du créer beaucoup plus de titres lorsque son cours était bas, ce qui a dilué plus fortement les actionnaires qui n’ont pas pu participer à l’augmentation de capital.

Conclusion

L’intérêt pour une groupe cotée est, par conséquent, de faire évoluer le plus possible, la valeur de son action sur le marché afin de lui laisser une forte marge de manoeuvre si elle devait être amenée à racheter un concurrent ( voir avec une boîte avec qui elle aurait des synergies ) ou rétablir sa situation financière. Dans certains cas, il pourrait s’agir aussi d’éviter une OPA mais nous verrons cela dans un autre article.

 

Tout savoir sur le PER ( Price Earning Ratio )

Je répète assez souvent dans mes vidéos que pour devenir un trader rentable, le meilleur moyen est de bien comprendre le milieux dans lequel vous mettez les pieds. Pour cela, il existe de nombreux éléments à connaître et dans cet article, j’aimerai mettre en avant le PER, autrement dit, le Price Earning Ratio.

Le Price Earning Ratio

Si tu n’as pas encore fait tes premiers pas en bourse et que ce monde ne t’es pas du tout familier, il faut que je t’explique d’abord certains points.

Petit rappel sur la capitalisation boursière

Lorsqu’une société est cotée en bourse, elle fractionne son capital en plusieurs parts de taille égales, qu’on appelle les actions. Chaque investisseur a la possibilité d’acheter une ou plusieurs actions de cette entreprise et devient, dès lors, propriétaire d’une partie de cette dernière.
Ce qu’il faut également savoir, c’est que pour connaître la valeur boursière d’une société, il faut multiplier le nombre d’actions en circulation par le prix de l’action sur le marché.

Une entreprise qui possède 1 000 actions en circulation et dont le prix de l’action à un instant T est de 2€ aura une capitalisation boursière de 2 000€. Cela signifie que le marché évalue la société à 2 000€. Ce n’est pas forcément sa valeur réelle mais c’est celle que le marché lui attribue à ce moment précis.
Le prix à lui tout seul n’a donc pas de signification.
En effet, si l’entreprise avait eu 2 000 actions en circulation au lieu de 1 000, sa capitalisation boursière serait de 4 000 euros ( 2 000 x 2€ ).

La définition du PER

Le price earning ratio se calcul à partir de deux éléments. La capitalisation boursière et le montant des bénéfices de la boîte qu’on souhaite analyser. Pour faire simple, il permet de voir le rapport entre la valeur en bourse d’une société par rapport à ce qu’elle gagne.

Le calcul est le suivant :

capitalisation boursière / résultat net = PER

On en déduit donc que lorsque la société perd de l’argent, le PER est nul. Et lorsqu’elle fait du profit, il est positif.

Prenons l’exemple d’une boîte cotée en bourse qui a une action cotée à 10 euros et dont le nombre d’actions en circulation est de 10 000. Son résultat net pour l’année est de 10 000 euros.

Calculer le PER d'une société

On va d’abord calculer sa valorisation boursière : 10€ x 10 000 titres = 100 000€

Puis on va calculer son PER : 100 000€ / 10 000€ = 10

La société est donc valorisée par le marché, 10 fois ses bénéfices.

L’intérêt du PER et ses limites

Comme on vient de le voir, ce ratio permet d’avoir une petite idée du niveau de rentabilité d’une entreprise et éventuellement de la progression de celle-ci dans le temps si on analyse ce ratio sur plusieurs années.

A quoi ca sert ?

Le résultat obtenu à partir de ce simple calcul permet de se faire une idée de la valeur d’une entreprise sur le marché par rapport à ses concurrents. Il agit aussi comme une protection dans le cas où le marché devrait se retourner à la baisse à l’image d’un krach boursier et ainsi limiter les pertes.

Pour que ce soit plus concret, imaginons que tu te ballades dans la rue et des enfants ont installés trois stands pour vendre des glaces. Les trois sont identiques et ont donc la même valeur ( 100€ ). Ils me proposent d’investir dans un des trois stands mais j’ai besoin d’un peu de réflexion et j’ai surtout besoin de voir quels résultats ils ont :

Le stand A réalise un bénéfice de 20€ à la fin de la journée
Le stand B, un bénéfice de 15€…
Le stand C, 30€ pour sa part…

Analyse du business des petits entrepreneurs

Si j’applique le ratio PER à leurs trois petites entreprises, je constate ce qui suit :

Le P.E.R du stand A est de 5
Celui du stand B est de 6,66
Et enfin le ratio du stand C est de 3,33

Les données précédentes me permettent de constater qu’à valeur égale, c’est le stand C qui est le plus rentable car sur une journée il a réussit à dégager un bénéfice supérieur aux deux autres stands. C’est aussi lui qui a le PER le plus faible car il n’est valorisé que 3 fois ses bénéfices. J’ai donc intérêt à investir dans ce stand car il est sous-valorisé par rapport à ses concurrents sur le même secteur d’activité.

Cela signifie aussi que si je devais racheter le stand et que la rentabilité reste identique sur les prochaines année, je rentabiliserai mon investissement en un peu plus de 3 ans.

Ses limites pour identifier des sociétés sous-valorisées

La principale limite de ce ratio tient au fait qu’il ne reflète pas forcément correctement les performances de l’entreprise.

En effet, une entreprise qui cède une partie de son activité va dégager un résultat exceptionnel qui va impacter à la hausse où à la baisse le résultat net de la société sur un exercice. Pour autant, son bénéfice ne sera plus impacté par cet élément lors des prochains exercices ce qui peut fausser l’analyse.

Le résultat exceptionnel peut fausser l'analyse du PER

Il existe d’autres éléments comme l’endettement, qu’il faut regarder d’un œil attentif. Une société avec un faible PER et qui donne, à priori, l’impression d’être sous-valorisée est peut-être la conséquence d’un fort endettement. Et donc potentiellement d’un risque de dilution à venir en cas d’augmentation de capital pour diminuer le poids de la dette.
J’ai connu ce cas avec la société Solocal Group, par exemple, qui est une société profitable depuis de nombreuses années mais qui, du fait d’un fort endettement et des augmentations de capital qui ont suivies, a vu sa valorisation baisser fortement.

Conclusion

Ce qu’il faut retenir de cet article, c’est que le PER permet de comparer le niveau de rentabilité d’une entreprises avec celles de son propre secteur d’activité. Il permet dans certains cas de détecter des sociétés sous-valorisées et donc potentiellement intéressante à acquérir en vue de réaliser une plus-value sur le long terme lorsque le marché aura corriger l’anomalie. Cependant, il ne faut pas utiliser cet outil seul car on l’a vu, il existe plusieurs éléments qui ne sont pas pris en compte dans le résultat tel que l’endettement ou le résultat exceptionnel.

 

Qui suis-je ?

Investisseur en compte propre depuis 2009, je partage comme des millions de personnes à travers le monde un intérêt pour l’économie et les marchés financiers.

image

image

Dans ce blog, je t’explique comment investir sur les marchés et je te partage ma propre vision du trading.

Ma devise ? ” Un trader rentable, c’est un trader qui sait ce qu’il trade “.

Rejoins la communauté

Tu souhaites participer dans les commentaires et sur le forum ?

Devenir membre  Se connecter

Newsletter

Si tu souhaites être au courant par e-mail de toutes les informations importantes et bons plans, inscris-toi via le lien suivant :

S’abonner gratuitement