CFD vs certificat : quel produit choisir pour du levier ?

CFD vs certificat à effet multiplicateur

Chaque jour, plusieurs milliers de traders particuliers décident de spéculer sur l’indice CAC40 ou d’autres actifs. Bien souvent avec un effet multiplicateur ou en sens inverse, à l’image des trackers LVC et BX4, des ETF bien connus de tous. Mais pas seulement, car d’autres produits, tels que des certificats, permettent ce type d’opérations et parfois avec plus de levier.

Dans un article précédent, j’ai tenté de vous expliquer comment un investisseur qui désire placer son argent sur un tracker à effet multiplicateur ( ou inversé ) pouvait se retrouver avec une performance négative alors que le sous-jacent est revenu à son prix de départ.

Toutefois, cette notion qui s’appelle le Béta Slippage et ses conséquences sur vos investissements n’est pas si simple. Pourtant, comprendre ce mécanisme est essentiel et peut vous aider à sauver une partie de vos économies en évitant de vous entêter dans une stratégie perdante.

Pour y arriver, je vais donc vous donner un exemple concret dans cet article.

Profiter de la chute de l’indice CAC40 pendant le Coronavirus ?

En février 2020, lorsque les nouvelles concernant l’arrivée du Coronavirus en Europe ont commencé à affoler la population et les politiques, la peur de l’inconnu et les mesures drastiques que l’État a instauré le mois suivant, à savoir le confinement, ont eu de fortes conséquences sur les marchés financiers.

Avec un CAC40 qui culminait à plus de 6 000 points après une année 2019 relativement calme, celui-ci s’est complètement effondré et à atteint le seuil des 3 700 points en l’espace d’à peine un mois. Il a même connu une baisse de plus de 12% lors de la séance du 12 mars 2020, la plus forte de son histoire.

L'évolution du CAC40 depuis l'année 2019

Bref, alors que tout s’effondrait autour de nous, certains investisseurs se sont retrouvés en pertes après avoir ouvert une ligne sur un tracker ou un certificat à effet multiplicateur pendant la descente afin de profiter du possible rebond de l’indice phare de Paris dans les jours ou semaines suivantes.

L’idée était séduisante car on sait à quel point investir pendant des périodes de panique peut devenir très rentable comme à l’époque de la crise des Subprimes où ceux qui avaient investi sur des actions courant 2009, lorsque les cours étaient au plancher, ont réussi à multiplier par 2 ou plus leur capital.

Les informations disponibles dans cet article ne constituent pas un conseil en investissement ou une incitation à investir.

La désillusion chez les spéculateurs ?

Ces fameux traders particuliers qui ont investi sur ces certificats à effet multiplicateur ont pas mal dérouillé pendant la déroute des marchés et plus l’effet levier était élevé plus leur portefeuille devenait rouge écarlate.

Et je sais de quoi je parle car je me suis retrouvé dans le même type de configuration en 2011 même si la chute était moins sévère.

Et comme moi, ils ont fait le dos rond en se disant que l’indice CAC40 finirait bien par rebondir et retourner au point d’origine, c’est-à-dire celui où ils avaient acheté leur certificat.

En effet, si le CAC40 revient à son point d’origine, quoi de plus normal que de récupérer l’ensemble de ses pertes…

Eh bien, ils avaient tout faux ! Comme moi à l’époque !

Comme vous pouvez le constater sur la capture d’écran, le CAC40, après un an à vivre avec le Covid-19, est enfin revenu sur ses anciens sommets de 2019, autrement dit autour des 6 000 points.

Et pourtant, lorsque vous regardez l’évolution du certificat CAC40 x 5 Leverage qui est censé reproduire l’évolution quotidienne du CAC40 avec un multiple de 5, vous vous rendez compte que le cours est très loin d’avoir connu la même tendance.

L'évolution du certificat CAC40 x5 Leverage depuis l'année 2019

Quelqu’un qui avait investi sur les plus hauts, autour des 6€ se retrouve, aujourd’hui en mars 2020 avec un capital divisé par 4…

Et la raison de cette perte monstrueuse a un nom : L’effet Béta Slippage.

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Une solution pour pallier l’effet Béta Slippage ?

Comme je vous l’expliquais dans un article précédent, plus vous restez longtemps sur un ETF ou un certificat à effet multiplicateur ( ou inversé ), plus vous vous exposez à cet effet Béta Slippage. Ce qui signifie que vous augmentez la probabilité de finir perdant sur le trade même si l’évolution du cours du sous-jacent vous donne raison.

Maintenant qu’on a fait ce constat, on peut désormais se demander comment s’en prémunir.

La première solution évidente qui nous vient à l’esprit serait de diminuer l’effet multiplicateur car moins il y a de levier, moins le Béta Slippage est important. C’est vrai…

Mais la question qu’on se pose tous, c’est comment faire pour diminuer l’effet du Béta Slippage tout en gardant le bénéfice de l’effet levier ?

Lorsque je me suis complètement planté sur mon trade en 2011 car je ne m’étais pas assez renseigné sur ce type de produit, j’ai cherché de mon côté et j’ai finalement dégoté la solution !

Je vous préviens, elle n’est pas parfaite mais comme je l’ai dit, elle permet de diminuer les effets pervers du Béta Slippage.

Et cette solution, je l’ai trouvé en utilisant le CFD CAC40.

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CFD vs Certificat à effet multiplicateur

Lorsque vous investissez sur un certificat à effet multiplicateur, vous placez votre capital et ce sont les variations quotidiennes du sous-jacent qui sont répliqués et qui impactent celui-ci. C’est donc cet effet multiplicateur qui engendre l’effet Béta Slippage et qui diminue la valeur du certificat dans le temps.

Pour ceux qui débarquent et qui ne connaissent pas les CFD, ce sont des produits dérivés qui s’adressent à des investisseurs aguerris et qui permettent de spéculer à la baisse comme à la hausse sur un grand nombre d’actifs dont le CAC40 qu’on prend en exemple ici.

La différence avec le certificat, c’est que lorsque vous investissez avec le CFD CAC40, vous répliquez fidèlement les variations du cours de l’indice car l’effet levier n’est pas appliqué au produit en lui-même mais au capital que vous devez immobiliser sur la plateforme de trading pour avoir le droit d’effectuer le trade.

Un exemple théorique

Dans le PowerPoint à l’écran, j’ai pris l’exemple d’un CAC40 qui cote à 6 000 points et qui connait plusieurs variations pendant 5 jours, soit une semaine de trading classique, du lundi au vendredi.

Comparaison de la performance entre un CFD et un certificat à effet multiplicateur sur le CAC40

Alex, un investisseur lambda, comme vous et moi, possède un capital de 2 000€ sur son compte de trading. Il décide de tester le certificat CAC40 avec un effet multiplicateur x3 et le CFD CAC40 à 1€ le point soit une valeur investie de 6 000€.

Dans les deux cas, Alex se retrouve avec un levier de 3.

  • Avec le certificat, il a placé la totalité de son capital dessus et celui-ci reproduit les variations quotidiennes du CAC40 en appliquant un multiple de 3.
  • Concernant le CFD CAC40, Alex dispose de 2 000€ sur son compte de trading mais grâce à ce type de produit, il a la possibilité d’investir plus que ce qu’il possède. En achetant un lot à 1€ le point, son exposition est donc de 6 000€ car l’indice est à 6 000 points, soit un levier de 3 aussi.

La différence réside donc dans le fait que le levier est appliqué au produit en lui-même dans le cas du certificat. Alors que pour le CFD, le levier est appliqué au capital dont dispose Alex. C’est cette petite différence qui change tout.

Comme vous pouvez le constater, alors que le CAC40 a démarré la semaine à 6 000 points pour finalement, après de multiples variations revenir à son point d’origine, le CFD40 en a fait de même. Pourtant, ce n’est pas le cas du certificat avec un effet multiplicateur x3.

À la fin de la semaine, Alex n’a pas perdu d’argent avec le CFD40 alors que le montant de ses pertes avec le certificat s’élève à 47.13€.

Le CFD : un produit plus avantageux sur le long terme ?

Comme je vous l’ai dit un peu plus tôt, utiliser le CFD40 représente une solution plus intéressante que le certificat sur le long terme mais il n’est pas parfait.

En effet, comme indiqué précédemment, avec les CFD, le levier s’applique au capital et non au produit. Cela signifie qu’en permettant à Alex d’investir 6 000€ tout en ayant seulement 2 000€ sur son compte de trading, son courtier va lui facturer des frais de financement sur sa position tant qu’elle ne sera pas débouclée.

Si on va faire un tour sur la plateforme, on se rend compte que le montant facturé chaque jour est d’environ 0.41€. Dans l’exemple, Alex a tenu sa position pendant 5 jours. Il est donc amputé d’environ 2€.

Le trade avec le CFD CAC40 a fait perdre moins d'argent à Alex que le certificat à effet multiplicateur

Finalement, en voulant spéculer avec un levier 3 sur l’indice CAC40 pendant les 5 jours :

  • Le CAC40 est revenu, lui, à son point de départ.
  • Alex a perdu seulement 2€ en utilisant le CFD en raison des frais de financement
  • Il a perdu beaucoup plus avec le certificat ( – 47.13€ ) en raison de l’effet Béta Slippage.

Conclusion

Dans cet article, je me suis attaché à vous montrer qu’il existait des trackers et des certificats qui permettent de spéculer à la hausse comme à la baisse sur un actif avec un effet multiplicateur.

Vous avez, par ailleurs, pu vous rendre compte par vous-même qu’une stratégie à long terme sur ce type de produit n’était pas réellement viable en raison de l’effet Béta Slippage qui réduit mécaniquement la valeur du produit.

Enfin, je vous ai présenté la solution que j’ai trouvé en 2011 pour pallier à ce problème et réduire la facture. Notamment en utilisant les CFD plutôt que les certificats à effet multiplicateur même si cette solution reste perfectible en raison des frais de financement.

Vous avez désormais toutes les clés pour ne pas tomber dans le même piège que moi il y a 10 ans…

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