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Emprunt étudiant : la solution pour investir en bourse ?

Article mis à jour le : 8 juillet 2021

Même si le poids de la dette étudiante est loin d’atteindre les montants enregistrés aux Etats-Unis (plus de 1 600 Md$ en 2020). Emprunter pour étudier en France représente un risque. En effet, décrocher un emploi bien rémunéré à l’issue de son cursus n’est pas garanti. Et cette crainte de l’avenir peut amener certains à vouloir profiter de l’opportunité d’accéder à des fonds facilement. Ceci afin de tenter d’engranger une plus-value sur les marchés boursiers.

Au fond, ces jeunes français font le pari (très risqué) de gagner de l’argent en bourse en utilisant l’argent de la banque. À l’image des investisseurs immobiliers qui se servent de l’effet levier du crédit pour se lancer dans le locatif. Et qui utilisent le montant du loyer versé par le locataire pour rembourser leur emprunt.

Pour autant, est-ce que cette utilisation détournée du prêt étudiant est légale ? Et quelles sont les risques ?

Les informations disponibles dans cet article ne constituent pas un conseil en investissement ou une incitation à investir. Les produits dérivés (CFD, turbos, Futures…) sont réservés à des traders expérimentés conscients des risques de l’effet levier.

Les articles présents sur le site sont susceptibles de contenir des liens sponsorisés.

Qu’est-ce qu’un prêt étudiant ?

Le prêt étudiant a pour objectif d’apporter une solution de financement aux jeunes qui ne possèdent pas de ressources suffisantes pour suivre une scolarité dans le supérieur. Le remboursement du prêt intervient le plus souvent pendant la scolarité. Après l’extinction d’un éventuel différé (qu’on appelle plus communément une franchise).

Le but étant pour l’étudiant de se servir de ses futurs diplômes comme un levier. Ceci, pour trouver un travail bien rémunéré. Et ainsi terminer le remboursement dans de bonnes conditions.

Il n’est donc pas destiné à faire ses premiers pas en bourse. Ni à acquérir des actions sur les marchés.

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Qui peut souscrire à un prêt étudiant ?

Ce type de prêt est réservé aux jeunes de moins de 30 ans (28 ans dans certaines banques) sans conditions de ressources. Et le montant peut aller de 5 000€ à 60 000€ selon les études envisagées.

Pour autant, il est nécessaire de constituer des garanties pour la banque. Pour cette raison, l’Etat peut se porter garant. À condition que l’emprunteur soit de nationalité française (ou d’un Etat européen) et que le montant emprunté s’élève au maximum à 20 000€

À noter que ce crédit, réalisé par l’étudiant, n’est pas exempt d’intérêts et d’assurance. Ce dernier doit donc prendre en compte ces paramètres.

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Pourquoi investir en bourse avec un prêt étudiant ?

La particularité du prêt étudiant, c’est qu’il s’agit d’un prêt non affecté. Cela signifie que l’emprunteur n’a pas à justifier l’utilisation des fonds. Dans la théorie, l’étudiant qui souhaite placer cet argent sur des actions et tenter de générer un profit avant l’échéance de remboursement peut le faire. Dans la pratique, la banque émet systématiquement un avertissement.

L’autre élément intéressant à observer concerne les taux qui se trouvent à un niveau historiquement faible. À titre d’information, le taux annuel effectif global (TAEG) proposé par les banques en 2021 est de l’ordre de 1% en moyenne par an pour les prêts étudiants.

À titre d’exemple, le coût globale pour un étudiant qui souscrit un emprunt d’un montant de 20 000€ sur une durée de 5 ans à un taux (TAEG) de 1% est de 512.20€.

Dans ces conditions, certains jeunes préfèrent placer l’argent sur des supports mieux rémunérés plutôt que de le laisser dormir sur un livret A.

Dans quoi investir avec un prêt étudiant ?

Pour que l’opération soit réussie, Il faut pour cela que le montant du profit généré pendant la période soit supérieur à celui du coût de l’emprunt (intérêts + assurance + frais de dossier). Le prêt étudiant ayant vocation à être remboursé à court ou moyen terme selon si l’étudiant a négocié un différé de remboursement ou non.

L'étudiant doit obtenir une meilleure performance en bourse que le coût de l'emprunt

L’étudiant doit obtenir une meilleure performance que le coût de l’emprunt

Plusieurs possibilités de placements existent :

  • Investir en direct sur les actions afin de générer une plus-value. Cette méthode nécessite des connaissances afin de sélectionner les titres soi-même.
  • Investir en direct sur des actions qui proposent un dividende dont le rendement est supérieur à celui du prêt.
  • Placer son argent sur des ETF afin de limiter le risque. De cette manière, l’étudiant qui n’a pas de connaissances approfondies des sociétés cotées dispose d’un produit qui lui permet de diversifier son portefeuille.

L’autre élément à ne pas oublier, c’est la fiscalité. Générer des plus-values ou des dividendes entraîne une imposition selon le principe de la Flat tax. En passant par un compte-titres, l’étudiant devra donc reverser au minimum 30% des gains.

Vous pouvez retrouvé dans cette vidéo l’exemple d’un étudiant anglais qui a investi son prêt étudiant dans des actions easyJet en août 2019. Soit quelques mois avant le krach boursier de début 2020 lié au Coronavirus. Même s’il indique avoir vendu ses actions en gain juste avant. Il est possible d’en douter. Et surtout d’imaginer les conséquences financières et psychologiques si il était resté scotché sur le titre.

La vidéo d’un étudiant qui a investi son prêt étudiant en bourse

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Un danger bien présent

Au fond, l’étudiant qui agit de la sorte doit surtout s’interroger sur sa capacité à générer une performance supérieure à 2-3% nette sur toute la durée de l’emprunt.

Or, n’importe quel trader avec un peu d’expérience sait qu’investir en bourse comporte des risques. Celui de perdre une partie ou la totalité de son capital. Et que les performances passées ne présagent pas des performances futures.

Le faire en passant par un prêt étudiant, c’est prendre un risque encore plus important qui peut mettre en péril le début de votre vie active.

Le jeu en vaut-il donc la chandelle ?


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