Comment faire face à une grosse perte en bourse ?

Si j’écris cet article ce soir, c’est pas parce qu’il neige et que la mélancolie s’est emparé de moi. Non, à vrai dire, c’est parce que je viens de subir une grosse perte en bourse aujourd’hui. Je vais bien, je te rassure.  C’est vrai, je ne suis pas à la rue… Je suis toujours en vie…. Mais je t’avoue que j’ai les larmes aux yeux… Si je prends la peine de te décrire mon état au cours de ces quelques paragraphes, c’est aussi pour t’aider à comprendre comment j’en suis arrivé là et pour que tu ne fasses pas la même erreur. Et aussi pour me souvenir plus tard de ce sentiment de mal-être que je ne souhaite plus connaître.

Avant le déclin, il y l’apogée

Lorsque je me suis levé ce matin, j’étais de bonne humeur. Tu me diras sûrement que je me suis levé du bon pied. Pour ma part, je sais que c’est en partie en raison des plus-values que j’ai réalisé au cours de la semaine dernière. En réalité, j’ai fait l’exploit de faire fructifier mon capital en le multipliant par 3 en l’espace de quelques semaines. Attention, c’est pas anodin. J’ai pris des risques. A coup de levier et parfois une dose de chance, j’ai enchaîné les trades gagnants avec une facilité déconcertante. Un plan sans faille et sans accroc qui aurait fait envie n’importe quel investisseur en compte propre. 

Pour tout te dire, j’étais déjà en train de planifier ce que j’allais bien pouvoir faire de mes gains sur un bout de papier trouvé sur le bord de mon bureau. Un nouvel ordinateur, des vacances…etc. Bref, avec des étincelles pleins les yeux, j’étais doucement mais sûrement en train de basculer du côté obscur de la force ! En réalité, j’avais surtout attrapé cette fameuse maladie dont souffrent les traders particuliers : Le trop plein de confiance en soi.

Je sais que chacun est différent. On a tous notre propre manière de réagir en fonction des situations. Mais si il y a bien quelque chose que j’ai pu constater, en observant les gens autour de moi, c’est bien le rapport à l’argent. Quand on gagne, on se considère comme un winner. On se sent invincible et on a beau essayer de se raisonner ( ou se faire raisonner pour ceux qui ont la chance d’avoir des personnes dans leur entourage pour effectuer cette tâche ingrate ), notre inconscient nous amène bien évidemment à nous croire au-dessus de tout. Et les pertes deviennent un simple mirage. On sait qu’elle existent. On sait qu’elle peuvent nous tomber dessus un jour. Mais c’est pas assez concret. Nous on est des winners donc rien ne peux nous arriver en réalité.

Avant les larmes, l’angoisse d’un trade perdant

Ce qui me fascine encore aujourd’hui, c’est que même avec du recul et en sachant que je me suis déjà retrouvé à de nombreuses dans cette situation, je n’ai pas pu m’empêcher de refaire la même erreur. On pense souvent que le fait de mettre en place un plan de trading, de se fixer des règles et donc une feuille de route des choses à faire et à ne surtout pas faire, cela va nous aider. C’est probablement le cas quand tout va bien. Ce qui est intéressant justement, c’est de constater que suivre un plan, cela devient très vite ennuyeux pour la plupart des traders particuliers. J’ai été moi-même étonné par la ressemblance entre quelqu’un qui investi en bourse et un autre qui mise sur les paris sportifs. Je ne vais pas parler des heures de ce sujet dans cet article ( je le ferai prochainement ) mais il y a de grandes similitudes entres les deux et au centre de celle-ci on retrouve “le besoin d’être stimulé”.

Pour en revenir à mon histoire, lorsque j’ai placé mon ordre d’achat sur ce produit dérivé. J’avais en tête que la probabilité qu’il finissent gagnant était forte. Je me doutais bien que j’allais pas avoir le meilleur point d’entrée et que j’allais subir quelques pertes au passage, le temps que la tendance reparte dans le sens que j’avais anticipé. Ce trade, je l’ai pris à cet instant précis, pas parce que c’était le meilleur moment. En fait, et je m’en rends compte à présent, c’est parce que j’avais besoin d’initier un ordre sur le marché. J’avais besoin d’être dans l’action.

Tu vas probablement me dire : ” ok, mais concrètement, pourquoi t’as pas soldé ta position quand t’as vu que les pertes s’accumulaient ?” 

Cette question, je me la pose encore, quelques heures après cette fameuse déroute. Ca me fait penser à certains faits divers où des enfants s’amusent avec une arme à feux appartenant à leurs parents. Jusqu’au moment où l’un d’entre eux appuie sur la gâchette et tue son frère ou sa soeur. D’un point de vue extérieur, on se dit qu’il est bête ( c’est peut-être le cas ). Lui se dit la même chose après coup. C’est vrai, pourquoi il a joué avec un pistolet ? Il aurait pu jouer avec n’importe quel autre objet… Mais voilà, le gosse, il voulait jouer à se faire peur. Il trouvait ça fun ! 

Quand j’y pense, je suis probablement aussi idiot que lui… ou alors c’est la nature humaine qui nous amène à avoir ce type de comportement. On a beau lutter, on arrive juste à repousser l’échéance.

La perte sèche ou l’art de se prendre un mur en pleine figure

Mon aventure d’aujourd’hui, elle ressemble un peu à celle qu’une fille peut vivre lorsqu’elle rentre chez elle, seule le soir. Elle veut rentrer rapidement chez elle, donc elle prend le chemin le plus court. Quand elle découvre un raccourci, elle marche encore plus vite en se disant qu’elle est de plus en plus proche. Et malheureusement, elle finit par se retrouver dans une petite rue avec 5 ou 6 mecs en train de discuter. Et là, elle a pas le choix, elle marche droit devant sans croiser le regard de la petite bande. Elle prie fort pour que son chemin ne soit pas entravé par ces braves garçons un peu éméchés. Mais non, pas de chance, il y en a un qui a envie de faire le malin et s’approche d’elle… Je te laisse finir l’histoire à ta manière.

Dans mon cas c’est exactement pareil. Je prends une position sur un instrument financier. Chaque baisse de ce dernier me fait penser que l’opportunité est encore plus belle, j’accumule toujours un peu plus si bien que l’effet levier commence à prendre de l’ampleur. Et lorsque les pertes s’accumulent, mon corps est tétanisé. Tellement figé, que je suis incapable d’encaisser une perte moyenne mais acceptable. Je vais réfléchir inlassablement, pendant de longues minutes/heures pour savoir si je solde ma position ou non. Mais dans les faits, je ne vais rien solder. J’ai déjà vécu ce type de situation et à chaque fois, ma réaction a été la même. Ne rien faire et prier… Quelle lâche je suis !

Souvent quand je regarde des vidéos sur Youtube concernant le monde du trading, je constate que les sujets gravitent énormément autour de la gestion des gains et la rentabilité. Pourtant, le sujet de la perte en trading est primordiale. Je ne pense pas qu’une vidéo ou un article peuvent faire changer la mentalité d’une personne. Le résultat sera probablement le même. Ce qui me semble important, du moins à mes yeux et je vais clôturer l’écriture de cet article sur ce point, c’est la gestion du mental après avoir concrétisé cette perte en bourse. Comment faire face à cette période de décompression où on évacue le stress ( on ne peut plus revenir en arrière ) et où les regrets prennent le dessus ? Comment se relever et apprendre de ses erreurs ? 

Un adage en bourse dit qu’il ne faut pas trader avec de l’argent dont on a besoin. D’accord, mais je ne connais personne qui encaisse une grosse perte sans broncher même si il s’agit d’une épargne qui n’est pas indispensable à son train de vie quotidien. A méditer…

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