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Comment participer à une assemblée générale ?

Si tu viens de commencer à investir en bourse et que tu as acquis tes premières actions, tu ne le sais peut-être pas mais tu es désormais propriétaire d’une partie de l’entreprise.
Ces titres en ta possession, te donnent le droit d’assister aux assemblées générales des actionnaires et de voter des résolutions. Pour faire simple, tu as ton mot à dire sur la gestion de la société.
Mais concrètement, comment ce droit de vote s’applique-t-il ?

Qui peut participer à l’assemblée générale ?

Chaque personne, physique ou morale, qui détient au moins un titre d’une entreprise, peut faire valoir son droit à assister à l’assemblée générale. Pour cela, il faut que, le ou les actions, soient détenues au plus tard le deuxième jour ouvré précédent l’AG. La procédure dépend, par la suite, de la manière dont tu gères tes actions.

Actionnaire au porteur

Avoir le statut d’actionnaire au porteur signifie que la société dans laquelle tu as investi ne te connaît pas. C’est l’établissement où tu détient ton compte-titre ou ton PEA qui gère tes titres. C’est donc à lui que tu adresseras ta demande pour participer à l’AG. Pour cela, il t’enverra par courrier ou par mail plusieurs documents dont un formulaire à remplir, l’ordre du jour ainsi que l’exposé des résolutions.
Cette démarche te permettra d’obtenir un justificatif afin de pouvoir être autorisé à assister au vote, le jour J.

Actionnaire au porteur

Actionnaire au nominatif

Moins courant, ce procédé peut être intéressant si tu souhaites nouer une relation à long terme avec l’entreprise. Elle connaît ton identité et avant chaque assemblée générale, tu reçois automatiquement une convocation pour y assister. De plus, avoir des titres inscris au nominatif, te permet, si certaines conditions sont remplis et prévu par les statuts, de bénéficier de certains avantages tel qu’un droit de vote double par exemple.

Actionnaire au nominatif

Deux options s’offrent à toi :

le nominatif pur : La société ou la banque qu’elle a choisie, va détenir tes titres. Ce n’est pas forcément très pratique au niveau fiscal car il faut demander un IFU ( imprimé fiscal unique ) à chaque établissement où tu détient des titres, ce qui peut s’avérer un peu compliqué si tu adoptes ce procédé pour un grand nombre d’actions.

Le nominatif administré : Tu bénéficies des mêmes avantages que le nominatif pur. La différence réside dans le fait que tes actions continuent à être gérées par ton intermédiaire financier ( courtier ) via ton compte-titre ou ton PEA.

Dans chaque cas, souviens-toi que tu as également la possibilité d’effectuer ton vote à distance. Il suffit simplement de remplir le formulaire approprié qui te sera délivré par ton broker ou l’entreprise selon le mode de détention qui te correspond.

Trois types d’assemblées générales

Une société, pendant toute sa vie, doit prendre des décisions qui vont avoir des conséquences sur son objet mais également sur sa gestion. Afin de pouvoir autoriser ces modifications, les propriétaires de l’entreprise doivent s’accorder, selon des dispositions bien précises afin que celles-ci puissent être validées et mises en application. Pour cela, deux types d’assemblées existent.

L’assemblée générale ordinaire ( AGO )

C’est l’assemblée qu’on pourrait qualifier de « standard ». Selon l’article L221-7 du code du commerce, chaque société, cotée ou non, a l’obligation d’organiser une AGO dans les 6 mois de la clôture de l’exercice comptable. Cette réunion permet aux actionnaires de pouvoir valider ( ou non ) les comptes sociaux ( ceux de la société ) ainsi que les comptes consolidés ( qui englobent les participations ). Le résultat doit également faire l’objet d’une affectation qui peut se traduire par le versement d’un dividende ou d’un report à nouveau.

L’assemblée générale extraordinaire ( AGE )

C’est une forme un peu différente car cette fois-ci, il n’est plus question de valider les comptes mais de prendre des décisions qui auront un impact sur le capital de la boîte ou de ses statuts. On peut citer, par exemple, le cas d’une société qui soumettrait au vote de ses actionnaires, un projet de fusion ou une augmentation de capital. Une AGE peut donc être organisée plusieurs fois par an selon les événements ayant lieu au sein de l’entreprise.

L’assemblée générale mixte ( AGM )

La dernière forme d’assemblée est, en réalité, l’addition des deux premières présentées ci-dessus mais qui  se déroule le même jour. Les actionnaires sont invités à voter, de manière simultané, des résolutions portant sur des sujets courants ( bilan, dividende ) mais également sur des opérations exceptionnelles ( augmentation de capital, réduction de capital…).

Informations utiles

Les questions écrites

En tant qu’actionnaire, tu as peut-être des questions pour lesquelles tu n’as pas trouvé de réponses sur le site de la boîte ni même en faisant tes propres recherches. Bonne nouvelle, tu as le droit de poser tes questions au conseil d’administration ou au directoire en envoyant celles-ci par courrier en recommandé ou par mail au siège de la société.

Concernant le délai, il faut que le pli ou le courriel soient envoyés au plus tard le 4ème jour ouvré avant la tenue de l’assemblée et doit être accompagné d’une attestation de ton broker qui prouve que tu es bien actionnaire de la société.

Pour information, la loi oblige l’entreprise a te répondre par écrit avant la réunion, ou à défaut, pendant le déroulement de l’AG.

Proposer un projet de résolution

Si tu veux aller encore plus loin et demander à ce qu’un projet de résolution soit voté, lors de l’assemblée, tu dois disposer d’au moins 5 % du capital de l’entreprise ( pour celles dont le capital social est inférieur à 750 000€ ).

Au delà de 750 000€ de capital social, le calcul est définit par l’article R225-71 du code de commerce et se présente de la manière suivante :

Pourcentage de détention pour proposer une résolution en assemblée générale

Exemple : Pour une société qui possède un capital social de 10 millions d’euros :

  • 750 000 x 4% = 30 000
  • ( 7 500 000 – 750 000 ) x 2.5% = 168 750
  • ( 10 000 000 – 7 500 000 ) x 1% = 25 000
  • Total = 223 750

( 223 750 / 10 000 000 ) x 100 = 2.24%

Il faut donc 2.24% des actions de l’entreprise pour pouvoir proposer une résolution en AG.

 

Là encore, il faut que cette proposition soit envoyée par courrier recommandé au siège de la boîte au plus tard, 25 jours avant l’assemblée générale.

Réussir à disposer d’un tel nombre de titres pour une seule personne est souvent très difficile. Sache que cette démarche peut être le fruit d’un regroupement. Il existe, par exemple de nombreuses associations qui permettent de fédérer des actionnaires et ainsi peser dans les décisions des sociétés.

C’est le cas, par exemple, de l’association de défense des actionnaires individuels « RegroupementPPlocal » qui a été crée en avril 2016 et qui rassemble plus de 1 850 petits porteurs et a, déjà, agi sur trois dossiers emblématiques (Solocal, Safran, CGG) de la Place de Paris.

Conclusion

Participer à une assemblée générale ne nécessite donc pas des connaissances pointues en matière de finances. Il te suffit de détenir au moins un titre de la société et de connaître le mode de détention de ta participation afin de savoir à qui t’adresser pour obtenir le fameux sésame qui t’ouvriras les portes de l’assemblée. A présent, tu as toutes les cartes en mains. Il ne te reste plus qu’à voter !

 

* En partenariat avec avec Alexandre Loussert , président de l’association regrouppementpplocal.

 

Le prix d’une action a-t-il un impact sur l’entreprise ?

Faut-il investir sur un tracker à long terme ?

On sait que la raison principale qui pousse les entreprises à s’introduire en bourse est de lever des fonds afin de financer de nouveaux projets, soit par l’acquisition de nouveaux marchés au niveau national ( voir à l’internationale ), faire face à l’explosion de leur carnet de commandes ou tout simplement pour survivre. Pour cela, elles organisent la vente d’une partie des actions déjà existantes, détenues par les actionnaires, ou par l’émission de nouvelles actions pour faire entrer de nouveaux investisseurs ( particuliers et/ou institutionnels ) au capital.

” Mais une fois que la société est cotée en bourse, est-ce que les fluctuations du prix de l’action ont des conséquences sur l’entreprise ? “

Le lien entre le prix de l’action et la valeur de la société

Si vous avez lu mon article sur le P.E.R ( price earning ratio ), vous savez que plus le cours d’une action est élevé, plus sa capitalisation boursière est grande car la valeur d’une entreprise est le résultat de la multiplication entre le nombre de titres en circulation et le prix de ces derniers sur le marché.

Petit exemple pour rafraîchir la mémoire : Une société qui possède 100 000 titres en circulation.

Cas n°1 : Prix de l’action = 15€  → Capitalisation = 1,5M€
Cas n°2 : Prix de l’action = 20€  → Capitalisation = 2M€

On sait aussi que le point d’équilibre entre l’offre et la demande, soit le prix du titre à un instant T, ne représente pas forcément sa valeur réelle. En effet, le marché n’étant pas parfait, il peut y avoir régulièrement des anomalies. les investisseurs peuvent faire monter le cours d’une action en spéculant sur les prochains résultats ou sur le lancement d’un nouveau projet. De la même manière, le cours peut fortement baisser si le marché anticipe des problèmes à venir comme une concurrence de plus en plus féroce ou un endettement qui n’est pas viable à terme.
Parfois, le marché voit juste mais parfois ce n’est pas le cas.

«  tes explications sont sympathiques mais cela ne nous dit toujours pas en quoi cela affecte une entreprise que son cours soit haut ou bas… »

Plus la valeur de l’action augmente…

Si vous avez déjà mis un pieds dans le monde de la bourse et que vous avez commencé à lire les communiqués de chefs d’entreprises cotées lors de la présentations des résultats ou pour annoncer la signature d’un contrat, vous avez sans doute remarqué que ces derniers sont très attachés à la valeur de l’action. Je vous rassure, la raison n’est pas liée aux stocks options ( tous n’en ont pas ) mais principalement à d’autres raisons que nous allons voir.

… plus l’entreprise économise en cas d’acquisition

Ce qu’il faut savoir, c’est qu’en bourse, comme en dehors, les sociétés peuvent acquérir d’autres entreprises et dans de nombreux cas, elles offrent une partie de leurs propres actions pour financer cette acquisition. Ce type d’opération s’appelle OPE ( Offre publique d’échange ) ou OPM ( Offre publique Mixte ). Comment cela fonctionne ?

A travers l’exemple qui va suivre, nous allons pouvoir constater, à travers une simple comparaison, que le fait, pour une société d’avoir son action qui côte à un prix plus élevé, pour un nombre de titres équivalent, baisse mécaniquement le montant à débourser pour racheter une autre boîte.

Bien entendu, je rappel que certaines situations peuvent amener une entreprise à vouloir faire baisser le prix de leur action afin de la rendre plus attractive auprès des investisseurs ( plus facile d’acheter une action à 1€ plutôt qu’à 1 000€ ). Cette diminution du prix étant le fruit d’une division ( plus de titres donc une action qui côte moins sans qu’il y ait eu de changement pour l’actionnaire ). Ce cas de figure est donc différent et je l’explique dans mon article sur les Penny Stocks.

 

Cas n°1 :

La société A est cotée 10 euros et elle a 10 000 titres en circulation. Sa capitalisation boursière est donc de 100 000€. La société, au fil des années, a racheté 1 000 actions parmi ses propres titres et les a gardé en réserve.

Exemple d'acquisition avec une action à 10€

Elle surveille depuis quelques temps la société B qui est valorisée actuellement 15 000€ sur le marché et souhaite l’acquérir.
Elle va proposer aux actionnaires de la société B de racheter leur participation à un prix valorisant la société à 20 000€ en les rétribuant de la manière suivante:

des actions de la société A pour un montant valorisé à 10 000 € ( 1 000 actions x 10€ )
du cash pour un montant de 10 000€

Si bien que les actionnaires de la société B qui acceptent de participer au rachat vont se retrouver avec une partie versée en argent liquide et l’autre partie via des actions de la société qui les absorbe (A ).

 

Cas n°2 :

Que se serait-il passé, si la société avait été cotée 5 euros avec toujours 10 000 titres en circulation. Sa capitalisation boursière serait donc de 50 000€. Elle a toujours 1 000 actions de sa propre entreprise en réserve comme dans l’exemple précédent et souhaite toujours racheter la société B pour 20 000€.

Exemple d'acquisition avec une action à 5€

Pour cela elle va financer le rachat de cette manière :

des actions de la société A pour un montant valorisé à 5 000 € ( 1 000 actions x 5€ )
du cash pour un montant de 15 000€

L’intérêt dans cet exemple, c’est de montrer que plus la valeur d’une société est élevée en bourse, moins elle a besoin de sortir d’argent pour en acquérir une autre.

… moins les actionnaires sont dilués en cas d’augmentation de capital

Ce raisonnement s’applique aussi aux groupes qui souhaitent effectuer une levée des fonds après leur introduction en bourse. La raison peut être de rembourser une partie de la dette ou envisager d’ouvrir de nouvelles antennes à l’étranger afin d’acquérir de nouveaux marchés.

 

Exemple n°1 :

La société A est cotée 10 euros et elle a 10 000 titres en circulation. Sa capitalisation boursière est donc de 100 000€. Elle a besoin de lever des fonds pour rembourser un emprunt qui arrive bientôt à échéance.

Exemple d'une augmentation de capital à 10€

Pour cela, elle va proposer à ses actionnaires les modalités suivantes dans le cadre d’une augmentation de capital :

Pour deux actions détenues, chaque actionnaire peut faire l’acquisition d’une nouvelle action au prix de 5€.

Imaginons que 80% des actionnaires aient souscrit à l’augmentation de capital. Il y aura donc 4 000 nouveaux titres en circulation ce qui portera le nombre total à 14 000. La société a réussi à lever 20 000€.

Nouveau nombre de titre et dilution dans l'exemple 1

Un individu qui possédait 100 actions était, auparavant, propriétaire d’1 % de l’entreprise. S’il n’a pas pu participer à l’opération car il n’avait pas d’argent à ce moment précis pour acheter de nouvelles actions à 5€ l’unité, il se retrouve désormais toujours avec ses 100 actions mais sur un total de 14 000. Il est à présent propriétaire de seulement 0,71 % de l’entreprise. Il a été dilué.

 

Exemple n°2 :

La société A est cotée 5 euros et elle a 10 000 titres en circulation. Sa capitalisation boursière est donc de 50 000€. Elle est dans la même situation que dans l’exemple précédent sauf que cette fois-ci pour lever autant de fonds elle va devoir proposer la création de plus de titres.

Exemple d'une augmentation de capital à 5€

Pour 1 action détenue, chaque actionnaire peut faire l’acquisition d’une nouvelle action à un prix de 2,50€.

Imaginons que 80% des actionnaires aient souscrits à l’augmentation de capital. Il y aura donc 8 000 nouveaux titres en circulation ce qui portera le nombre total à 18 000. La société a réussi à lever 20 000€ comme dans le cas précédent mais les conséquences ne sont pas identiques.

Nouveau nombre de titre et dilution dans l'exemple 2

Un individu qui possédait 100 actions était, jusqu’à présent, propriétaire d’1 % de l’entreprise. Imaginons qu’il n’a pas pu participer à l’opération car il n’avait pas d’argent à ce moment précis pour acheter de nouvelles actions à 2,50€ l’unité. Il se retrouve désormais toujours avec ses 100 actions mais sur un total de 18 000. Il est désormais propriétaire de seulement 0,56 % de l’entreprise. La dilution est plus importante.

Pour pouvoir lever des fonds pour le même montant, la société a du créer beaucoup plus de titres lorsque son cours était bas, ce qui a dilué plus fortement les actionnaires qui n’ont pas pu participer à l’augmentation de capital.

Conclusion

L’intérêt pour une groupe cotée est, par conséquent, de faire évoluer le plus possible, la valeur de son action sur le marché afin de lui laisser une forte marge de manoeuvre si elle devait être amenée à racheter un concurrent ( voir avec une boîte avec qui elle aurait des synergies ) ou rétablir sa situation financière. Dans certains cas, il pourrait s’agir aussi d’éviter une OPA mais nous verrons cela dans un autre article.

 

Tout savoir sur le PER ( Price Earning Ratio )

Je répète assez souvent dans mes vidéos que pour devenir un trader rentable, le meilleur moyen est de bien comprendre le milieux dans lequel vous mettez les pieds. Pour cela, il existe de nombreux éléments à connaître et dans cet article, j’aimerai mettre en avant le PER, autrement dit, le Price Earning Ratio.

Le Price Earning Ratio

Si tu n’as pas encore fait tes premiers pas en bourse et que ce monde ne t’es pas du tout familier, il faut que je t’explique d’abord certains points.

Petit rappel sur la capitalisation boursière

Lorsqu’une société est cotée en bourse, elle fractionne son capital en plusieurs parts de taille égales, qu’on appelle les actions. Chaque investisseur a la possibilité d’acheter une ou plusieurs actions de cette entreprise et devient, dès lors, propriétaire d’une partie de cette dernière.
Ce qu’il faut également savoir, c’est que pour connaître la valeur boursière d’une société, il faut multiplier le nombre d’actions en circulation par le prix de l’action sur le marché.

Une entreprise qui possède 1 000 actions en circulation et dont le prix de l’action à un instant T est de 2€ aura une capitalisation boursière de 2 000€. Cela signifie que le marché évalue la société à 2 000€. Ce n’est pas forcément sa valeur réelle mais c’est celle que le marché lui attribue à ce moment précis.
Le prix à lui tout seul n’a donc pas de signification.
En effet, si l’entreprise avait eu 2 000 actions en circulation au lieu de 1 000, sa capitalisation boursière serait de 4 000 euros ( 2 000 x 2€ ).

La définition du PER

Le price earning ratio se calcul à partir de deux éléments. La capitalisation boursière et le montant des bénéfices de la boîte qu’on souhaite analyser. Pour faire simple, il permet de voir le rapport entre la valeur en bourse d’une société par rapport à ce qu’elle gagne.

Le calcul est le suivant :

capitalisation boursière / résultat net = PER

On en déduit donc que lorsque la société perd de l’argent, le PER est nul. Et lorsqu’elle fait du profit, il est positif.

Prenons l’exemple d’une boîte cotée en bourse qui a une action cotée à 10 euros et dont le nombre d’actions en circulation est de 10 000. Son résultat net pour l’année est de 10 000 euros.

Calculer le PER d'une société

On va d’abord calculer sa valorisation boursière : 10€ x 10 000 titres = 100 000€

Puis on va calculer son PER : 100 000€ / 10 000€ = 10

La société est donc valorisée par le marché, 10 fois ses bénéfices.

L’intérêt du PER et ses limites

Comme on vient de le voir, ce ratio permet d’avoir une petite idée du niveau de rentabilité d’une entreprise et éventuellement de la progression de celle-ci dans le temps si on analyse ce ratio sur plusieurs années.

A quoi ca sert ?

Le résultat obtenu à partir de ce simple calcul permet de se faire une idée de la valeur d’une entreprise sur le marché par rapport à ses concurrents. Il agit aussi comme une protection dans le cas où le marché devrait se retourner à la baisse à l’image d’un krach boursier et ainsi limiter les pertes.

Pour que ce soit plus concret, imaginons que tu te ballades dans la rue et des enfants ont installés trois stands pour vendre des glaces. Les trois sont identiques et ont donc la même valeur ( 100€ ). Ils me proposent d’investir dans un des trois stands mais j’ai besoin d’un peu de réflexion et j’ai surtout besoin de voir quels résultats ils ont :

Le stand A réalise un bénéfice de 20€ à la fin de la journée
Le stand B, un bénéfice de 15€…
Le stand C, 30€ pour sa part…

Analyse du business des petits entrepreneurs

Si j’applique le ratio PER à leurs trois petites entreprises, je constate ce qui suit :

Le P.E.R du stand A est de 5
Celui du stand B est de 6,66
Et enfin le ratio du stand C est de 3,33

Les données précédentes me permettent de constater qu’à valeur égale, c’est le stand C qui est le plus rentable car sur une journée il a réussit à dégager un bénéfice supérieur aux deux autres stands. C’est aussi lui qui a le PER le plus faible car il n’est valorisé que 3 fois ses bénéfices. J’ai donc intérêt à investir dans ce stand car il est sous-valorisé par rapport à ses concurrents sur le même secteur d’activité.

Cela signifie aussi que si je devais racheter le stand et que la rentabilité reste identique sur les prochaines année, je rentabiliserai mon investissement en un peu plus de 3 ans.

Ses limites pour identifier des sociétés sous-valorisées

La principale limite de ce ratio tient au fait qu’il ne reflète pas forcément correctement les performances de l’entreprise.

En effet, une entreprise qui cède une partie de son activité va dégager un résultat exceptionnel qui va impacter à la hausse où à la baisse le résultat net de la société sur un exercice. Pour autant, son bénéfice ne sera plus impacté par cet élément lors des prochains exercices ce qui peut fausser l’analyse.

Le résultat exceptionnel peut fausser l'analyse du PER

Il existe d’autres éléments comme l’endettement, qu’il faut regarder d’un œil attentif. Une société avec un faible PER et qui donne, à priori, l’impression d’être sous-valorisée est peut-être la conséquence d’un fort endettement. Et donc potentiellement d’un risque de dilution à venir en cas d’augmentation de capital pour diminuer le poids de la dette.
J’ai connu ce cas avec la société Solocal Group, par exemple, qui est une société profitable depuis de nombreuses années mais qui, du fait d’un fort endettement et des augmentations de capital qui ont suivies, a vu sa valorisation baisser fortement.

Conclusion

Ce qu’il faut retenir de cet article, c’est que le PER permet de comparer le niveau de rentabilité d’une entreprises avec celles de son propre secteur d’activité. Il permet dans certains cas de détecter des sociétés sous-valorisées et donc potentiellement intéressante à acquérir en vue de réaliser une plus-value sur le long terme lorsque le marché aura corriger l’anomalie. Cependant, il ne faut pas utiliser cet outil seul car on l’a vu, il existe plusieurs éléments qui ne sont pas pris en compte dans le résultat tel que l’endettement ou le résultat exceptionnel.

 

Le Day Trading et ses spécificités

Faut-il investir sur un tracker à long terme ?

Lorsqu’on commence à investir en bourse, on réfléchit forcément à notre stratégie pour gagner sur les marchés. Selon notre tempérament ( impatient ou non ), notre style de vie ( combien de temps je peux passer à trader par jour ? ) ou de nos connaissances des produits ( actions, produits dérivés… ), nous devons choisir à un moment si nous souhaitons placer notre argent à court ou à long terme.
Cet article va donc me permettre d’expliquer la notion de day trading et encourager les novices à réfléchir à ce qui est le plus adapté en fonction de leur profil.

Qu’est ce que le day trading ?

Dans mon parcours en bourse, c’est à dire depuis 9 ans à la date où j’écris cet article, j’ai pu constater qu’il existait de nombreuses manières d’aborder les marchés mais que celle qui retenait le plus l’attention des investisseurs, qu’ils soient aguerris ou non, était le day-trading.

La définition

Le day trading présente l’avantage de pouvoir, en théorie, faire fructifier très rapidement son capital mais en contrepartie, il existe de nombreux risques à adopter cette stratégie.

Un day trader est une personne qui va ouvrir et clôturer une position sur un actif lors d’une même séance de bourse en profitant d’une faible variation du prix pour engranger une plus-value. De la même manière, ce qualificatif peut s’appliquer à l’ensemble des instruments tels que les matières premières, les devises, les actions ou bien les cryptomonnaies.

Pour bien comprendre le principe, on peut prendre la cas de M.X qui a un capital de 500€ et qui va acheter 10 actions de la Société Générale à 10h au prix de 50 euros et les revendre à 16h, le même jour, au prix de 51 euros.
Sa plus-value sera donc de 10€ (( 51€ – 50€ ) x 10 actions).

Exemple d'une opération en day trading

Si M.X arrive à reproduire ce gain chaque jour pendant 100 jours de bourse en spéculant sur différents supports, son capital passera de 500€ à 1 500€ ( 1 000€ de plus-values ).

Pour arriver au même résultat, M.Z qui est dans une optique à long terme, devrait attendre que le cours atteigne 150€ soit une valorisation de l’entreprise multipliée par 3 sur le marché.

Se préparer au day trading

Miser sur la volatilité des marchés à très court terme et placer son argent à long terme ne demande pas le même type d’investissement. De nombreux investisseurs se tournent vers des produits dérivés tels que les CFD, le forex ou encore les Futures pour spéculer à court terme.

Le temps

Le day trading est une méthode qui demande du temps. Si vous avez un travail à temps plein, une famille à vous occuper voir même d’autres projets en parallèle, vos obligations ne vous permettent peut-être pas d’aborder les marchés dans cet optique.

Il ne suffit pas d’appuyer sur le bouton « acheter » au début de la journée et de vendre à la fin de la séance pour réussir. En effet, chaque période qui précéde l’ouverture d’une nouvelle séance de bourse requiert un certain temps pour préparer sa stratégie et ses niveaux clés sur tel ou tel support.

Se protéger contre le risque

Même s’il existe la possibilité pour un trader de mettre en place un ordre de vente automatique afin de clôturer une position sans avoir besoin de rester face à un écran constamment, j’ai fais le constat en parlant à beaucoup d’entre eux sur les forums boursier, qu’un grand nombre de particuliers préfèrent ne pas en mettre ou les positionnent à une distance lointaine, afin de déboucler manuellement un trade. Le risque dans ce genre d’approche, c’est de ne plus pouvoir sortir de sa position si un facteur externe survient ( coupure de courant, absence de connexion internet passagère.. ).

Le day-trader est donc souvent amené à faire face à ce type d’imprévu. Cela passe, par exemple, par l’achat d’une clé 4G, d’un ordinateur portable secondaire voir l’utilisation du wifi du voisin ( après acceptation de sa part évidemment ).

La réception d’internet par la fibre pour éviter toute latence liée à la réception du flux, l’achat de plusieurs écrans pour suivre le cours de plusieurs sous-jacents en même temps ou encore l’abonnement à certains services ( plateforme graphique avancée, flux étrangers…) oblige le day trader à dépenser un peu d’argent avant d’éventuellement en gagner.

Une méthode pas toujours gagnante

Il suffit de voir le nombre important de formations et de méthodes enseignées sur internet au sujet du day trading ( voir du scalping ), notamment à travers l’analyse technique qui consiste à observer l’évolution graphique du cours d’un actif à travers un ou plusieurs indicateurs, pour se rendre compte qu’une personne qui débute sur les marchés et qui souhaite se lancer dans l’investissement à court terme, est submergée d’informations.

L’impact psychologique sur le trader

Contrairement à une stratégie long terme où les fluctuations de cours n’ont pas d’incidence au quotidien, ici, l’investisseur doit se remettre en doute constamment et savoir matérialiser ses pertes rapidement dans le cas où le cours ne va pas dans le sens souhaité, sous peine de se retrouver avec une moins-value difficile à encaisser.

Cela peut paraître simple sur un compte de démonstration mais dans la réalité, clôturer une position perdante est loin d’être évident. Alors quand il s’agit d’enchaîner parfois plusieurs moins-values sur une même journée, les conséquences sur le mental d’un trader peuvent être significatives.

Des chiffres, rien que des chiffres…

Une excellente étude réalisée par l’AMF ( autorité des marchés financiers ) et dont je vous avais déjà parlé dans un précédent article a montré, grâce à un échantillon de plus de 10 000 clients tradant le forex et les CFD sur un intervalle de 4 ans ( 2009 à 2012 ), qu’un particulier qui réalise 250 ordres ou plus par an ( soit au moins une opération par jour ) ressort avec une perte moyenne de 18 741€
Elle montre aussi que plus les investisseurs réalisent d’opérations sur une période donnée, plus le montant de leurs pertes augmentent.
D’ailleurs, la conclusion de cette étude montre que sur ce panel d’investisseurs en compte propre, près de 9 particuliers sur 10 ressortent perdant. Toutefois, il serait intéressant de savoir si ce n’est pas plutôt l’utilisation d’un trop fort effet levier et la difficulté à clôturer une position négative qui serait la cause de ces mauvaises statistiques.

Conclusion

Le day trading est donc une stratégie d’investissement qui permet de multiplier les trades sur une courte période de temps. Elle peut produire des gains bien supérieures par rapport à un placement à long terme, du moins en théorie.
Toutefois, il faut nuancer ces affirmations car la réalité montre que peu sont capables d’être réellement profitable avec cette technique et que pour le devenir, il faut que le ratio de trades gagnant soit relativement élevé.

 

Penny stock : un investissement sans risque ?

Aujourd’hui, j’ai envie de vous parler des « penny stocks ». Si tu commences à investir en bourse et que tu es à la recherche d’actions à fort potentiel, ton intérêt s’est probablement porté sur ce groupe d’actions qui ont en commun une particularité. Pour certains, il s’agit d’un type d’action sur lequel il ne faut surtout pas investir au risque de perdre rapidement une partie importante de son capital. Pour d’autres, c’est un moyen facile et rapide d’engendrer des plus-values conséquentes.

Qu’est ce qu’une Penny stock ?

Sa définition est plutôt simple à comprendre. On qualifie de penny stocks, une action d’une société dont le cours de bourse s’échange habituellement en dessous d’un euro. Le terme « penny » faisant référence aux centimes étant donné qu’il en faut 100 pour avoir une Livre sterling.

La grande majorité de ces sociétés sont relativement jeunes et ont une faible capitalisation. On les retrouvent principalement sur les compartiments ACCESS, GROWTH et le compartiment C d’Euronext et se comptent par dizaines. Toutefois, on se rappelle, par exemple, d’Alcatel-Lucent qui faisait partie du CAC40 et qui cotait moins de 1€ pendant une période de quelques mois en 2012.

 

Deux scénarios qui amènent à devenir une penny stocks

Parmi ces penny stocks, il faut donc distinguer deux types d’entreprises :

Il y a celles qui ont connu des difficultés majeures. Qu’il s’agisse d’un problème financier ( manque de trésorerie, maturité de la dette trop courte… ) ou d’un creux dans son activité ( pertes de contrats, législation plus contraignante…), la valorisation boursière de ces sociétés s’est effondrée pour finalement atteindre un cours égal à quelques centimes. La possibilité d’une augmentation de capital dilutive est d’ailleurs, un scénario à prendre en compte avant de se lancer.

De l’autre côté, il y a ces entreprises qui ont un historique assez court parce qu’il s’agit de startups ou tout simplement de petites entreprise qui souhaitent profiter de la bourse pour se faire connaître. Ces dernières n’ont pas les reins solides au niveau financiers mais entame le début d’une aventure qui peut amener leur cours de bourse à être multiplié par 5, 10, 20 ou plus si elles arrivent à grandir et s’accaparer de nouveaux marchés. De la même manière, l’effet inverse est également possible avec à la clé une procédure collective si le pari n’est pas réussi et que la société n’arrive pas à tirer son épingle du jeu ou qu’elle ne dispose pas à dépasser la taille critique pour pouvoir croître.

La manque de liquidité

Une des principales critiques qu’on peut faire aux penny stocks, c’est de souffrir d’un cruel manque de liquidité. Il suffit d’observer le carnet d’ordres pour constater qu’une opération d’achat ou de vente de quelques milliers d’euros peut décaler le cours de plusieurs dizaines de pourcent.

C’est ce qui est arrivé à un particulier qui s’est retrouvé avec des titres d’une société anglaise, achetés à 0.34€, alors qu’au moment de placer son ordre ATP, le cours était de 0.19€. Un résumé des faits est disponible sur le blog du Médiateur de l’AMF. D’ailleurs si vous lisez l’histoire en entier, vous verrez que le médiateur n’a pas été dans le sens de M.B car il estimait que ce dernier ne pouvait pas méconnaître le risque de liquidité sur ce type d’instrument et les conséquences sur le décalage de cours. Si tu ne sais pas ce qui est le médiateur de l’AMF, je t’invite à lire cet article.

Ce constat nous permet aussi de comprendre que ce type d’action n’est pas à la portée des fonds d’investissements ( hedge found ) et des établissements bancaires étant donné que les volumes sont insuffisants. Un investisseur particuliers bien avisé ou ayant de la chance, peut se retrouver à investir dans une penny stock qui deviendra (peut-être) à terme une grande boîte. C’est donc un pari sur l’avenir qui peut s’avérer très rentable.

Une volatilité importante

Investir sur une société dont le cours est inférieur à 1€ est une opération très risquée étant donné que chaque transaction, dans un sens comme dans l’autre, peut affecter sensiblement ta performance, et ce,de plusieurs points.

Prenons un exemple et imaginons une société Z qui est cotée actuellement à 0,25€ sur la place parisienne ( dernière transactions effectuée à ce prix ) et qui possède le carnet d’ordres suivant :

Carnet d'ordres d'une penny stock

Tu décides d’acheter pour 10 000 actions de cette dernière avec un ordre ATP ( au marché ) car tu veux spéculer sur la hausse du titre sur un horizon à court terme. Tu vas donc grappiller l’ordre de vente qui est fixé à 0,26€ et tu vas être servi en totalité car il y a une contrepartie suffisante à la vente.

Quelques minutes plus tard, un vendeur décide de se séparer de ses 500 actions et place un ordre ATP également. Il va se délester de ses titres à 0,25€. Toi avec tes 10 000 actions à 0,26, tu enregistreras une baisse de 3,85 % de la valeur de ton investissement.

Une forte volatilité dans le carnet d'ordres

Des informations plus restreintes

Comme je l’ai dit plus tôt dans l’article, la plupart des penny stocks sont des sociétés cotées sur des compartiments qui accueillent des PME ou des TPE. Euronext leur imposent des règles moins lourdes en terme de transparences. Par exemple, sur le compartiment ACCESS, elles n’ont pas l’obligation d’auditer leurs comptes annuels ni de publier d’états financiers semestriels.

Il est donc plus difficile pour toi comme pour moi de bien comprendre où en est l’entreprise et de lui faire autant confiance qu’un groupe qui dépose tous les 6 mois un bilan audité comme c’est le cas sur les compartiments A, B et C d’Euronext.

De plus leur historique est souvent réduit ce qui nous empêche d’avoir une idée précise de sa manière de faire face à des remous du marché ( gestion de sa dette, capacité à s’adapter à la concurrence…).

Une erreur que font les investisseurs

Je voudrais terminer par un point important. C’est un élément que j’ai rencontré de nombreuse fois pendant mes quelques années en bourse. J’entends souvent certaines personnes dire qu’un titre qui est côté à moins de 1€ n’est pas chère et qu’il est plus intéressant qu’un autre qui serait coté à 100€.

C’est totalement faux et il suffit d’un simple calcul pour le démontrer :

Une société qui est cotée à 0,50€ et qui est composée de 2 millions de titres est valorisée 1 million d’euros

Une société qui est cotée à 100€ et qui est composée de 10 000 titres est valorisée 1 million d’euros

On estime que le prix d’une action est chère (ou le contraire ) seulement après avoir analysé la valorisation de la boîte, à savoir sa capitalisation boursière, qu’on obtient avec ce calcul :

Prix de l’action x nombre de titres en circulation = Capitalisation boursière

Le point où je suis d’accord en revanche, c’est que l’évolution du prix de l’action a un impact sur la gestion de l’entreprise et potentiellement sur l’actionnaire. Je pense notamment au cas d’une augmentation de capital. Plus le prix de l’action est bas, plus l’actionnaire sera potentiellement dilué pour lever un même montant d’argent.

Conclusion

Même si investir sur une penny stock présente certains avantages tels qu’une volatilité plus importante ainsi que la possibilité pour un investisseur particulier de parier sur le succès d’une entreprise avant certains fonds d’investissements par exemple. Il ne faut pas oublier que cette volatilité va dans les deux sens et qu’il est très facile de rester bloqué sur ce type d’investissement en raison de la faible liquidité qui empêche de vendre sans décaler le cours.

 

Qui suis-je ?

Investisseur en compte propre depuis 2009, je partage comme des millions de personnes à travers le monde un intérêt pour l’économie et les marchés financiers.

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Dans ce blog, je t’explique comment investir sur les marchés et je te partage ma propre vision du trading.

Ma devise ? ” Un trader rentable, c’est un trader qui sait ce qu’il trade “.

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